par Stine Jacobsen et Soren Jeppesen
La nouvelle coalition de centre-gauche au pouvoir au Danemark s'est engagée à résister aux pressions américaines concernant l'avenir du Groenland, à s'attaquer à l'inflation et à renforcer l'État-providence, selon un document d'orientation publié mardi par le futur gouvernement.
Après plus de deux mois de négociations, la Première ministre danoise Mette Frederiksen sortante a obtenu lundi un troisième mandat consécutif, en acceptant de former un gouvernement de coalition de centre-gauche.
Si celui-ci n'a pas encore été nommé, il a dressé une liste des priorités immédiates.
La poursuite des pourparlers diplomatiques sur le Groenland, que le président américain Donald Trump a menacé d'annexer, et le renforcement rapide de l'armée danoise, dans le contexte de la guerre en Ukraine, y figurent notamment.
"Le gouvernement restera ferme sur la souveraineté, l’intégrité territoriale et le droit à l’autodétermination du royaume", indique le document d'orientation.
L'avenir du Royaume du Danemark, composé du Groenland, des îles Féroé et du Danemark continental, appartient au peuple de ces trois nations, peut-on lire dans le document.
Deux députés groenlandais ont rencontré Mette Frederiksen avant la présentation de ce document et lui ont apporté leur soutien.
Outre les sociaux-démocrates de la Première ministre, le nouveau gouvernement sera composé des socio-libéraux, des Verts de gauche et des Modérés centristes. Et il comptera également sur l'Alliance rouge et verte, parti politique le plus à gauche au sein du parlement danois.
UN "TRIPLÉ" MALGRÉ LES CRISES
Pour s'assurer de son soutien, le futur gouvernement a accepté de rendre les soins dentaires gratuits pour les Danois d'ici dix ans, mais également de rendre les transports publics gratuits pour tous les moins de 22 ans et de supprimer la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les fruits et légumes, selon l'Alliance rouge-verte.
Ce plan vise à répondre à la crise du coût de la vie qui a été une épine dans le pied de Mette Frederiksen tout au long de la campagne électorale, au terme de laquelle les sociaux-démocrates ont enregistré leur pire résultat depuis plus d’un siècle.
Les propositions présentées dans le document d'orientation n'incluent toutefois pas d'impôt sur la fortune, que Mette Frederiksen avait pourtant proposé pendant la campagne électorale.
"C'est assez fou de réussir un triplé en tant que Première ministre (...) Il doit y avoir des chefs de gouvernement de gauche en Europe qui regardent cela et se disent : 'Peut-être devrions-nous l'écouter sur la manière de négocier et de mener le travail parlementaire'", a observé Andreas Thyrring, associé chez Ulveman & Borsting, un cabinet de conseil en affaires publiques.
Lors d'une conférence de presse mardi, Mette Frederiksen a déclaré que son nouveau gouvernement poursuivrait le travail débuté par son précédent cabinet en matière d'immigration.
L'approche du Danemark en matière d'immigration, suivie de près par certains gouvernements, a été critiquée par certaines organisations de défense des droits de l'homme.
Des procédures sont notamment en cours pour permettre l'expulsion de délinquants étrangers et pour créer des centres de d'expulsion en dehors de l’Europe.
(Rédigé par Stine Jacobsen et Soren Jeppesen à Copenhague ; version française Etienne Breban, édité par Benoit Van Overstraeten)

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